On sait que la probation coûte bien moins cher et réduit la récidive, mais on ne lui en donne jamais les moyens
Le non-sens, en clair
Une année de prison coûte environ 32 000 € par personne, contre à peine plus de 1 000 € pour une mesure de milieu ouvert — et après une peine de prison ferme, 63 % des condamnés récidivent dans les cinq ans, contre environ 33 % pour les peines non carcérales — près de deux fois moins. La probation est donc moins chère et plus efficace contre la récidive. Pourtant, on ne lui donne jamais les moyens de fonctionner correctement : chaque conseiller suit en pratique 100 à 130 personnes, alors que le Conseil de l'Europe recommande 30 à 60.
En bref
Pourquoi ce non-sens persiste
- L'économie réalisée sur la détention et la dépense de probation relèvent de deux lignes budgétaires que rien ne relie ; l'une ne finance pas l'autre.
- La prison est politiquement plus visible et plus « rassurante » que la probation, qui reste mal comprise du grand public.
- Faute d'effectifs suffisants, le suivi se dégrade, ce qui nourrit en retour la défiance envers les alternatives.
Sources
Observatoire international des prisons (d'après la Conférence de consensus 2012) : ~32 000 €/an en détention contre ~1 014 €/an en milieu ouvert ; 63 % de récidive dans les 5 ans après une peine ferme, contre environ 33 % après une peine non carcérale (étude Kensey, Lombard, Tournier, 2005 : 61 % vs 31 %). — OIP / Conseil de l'Europe : ratio recommandé de 30 à 60 personnes par conseiller de probation, contre une centaine (parfois 130) en pratique en France ; moyenne officielle de 65 au 1er janvier 2025 (ministère de la Justice).
Les propositions
Une autre voie existe
Les solutions proposées à ce non-sens
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