Nos prisons débordent. La solution retenue ? Agrandir les prisons plutôt que réduire le nombre de détenus.
Le non-sens, en clair
Le taux d'occupation des prisons françaises atteint 136 % : environ 86 000 détenus pour 63 000 places, et plus de 6 000 personnes dorment sur un matelas posé à même le sol. Face à ce constat, la réponse principale est de construire 15 000 nouvelles places. Mais l'histoire a déjà tranché : entre 1990 et 2020, la France a créé environ 25 000 places de prison… et compté 25 000 détenus de plus. La surpopulation, elle, n'a pas bougé. On agrandit le contenant sans jamais interroger ce qui le remplit — comme si le problème était le manque de murs, et non le nombre de personnes que l'on décide d'enfermer.
En bref
La preuve par l'histoire
On a déjà essayé de construire pour désengorger. Résultat, sur 30 ans :
Pourquoi ce non-sens persiste
- Construire des places est une réponse visible et consensuelle politiquement, alors que réduire le nombre d'incarcérations (développer les alternatives, réserver la prison aux faits graves) demande un changement de doctrine plus difficile à assumer.
- Plus on crée de places, plus la justice tend à les remplir : l'offre de prison appelle la demande de prison (effet d'inflation carcérale).
- La détention ferme reste la réponse par défaut, même pour de courtes peines non violentes, alors que les alternatives existent déjà.
Sources
Ministère de la Justice, statistique mensuelle au 1er décembre 2025 : 86 229 détenus pour 63 613 places, densité 135,6 %, 6 440 matelas au sol. — Observatoire des disparités dans la justice pénale : entre 1990 et 2020, +25 000 places et +25 000 détenus, surpopulation inchangée. — Plan « 15 000 places » d'ici 2027 (gouvernement ; environ 4 500 places livrées en 7 ans selon les données parlementaires).
Les propositions
Une autre voie existe
Les solutions proposées à ce non-sens
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